JEUX DE CLAIR-OBSCUR

Astrolabe N° 33
Aalborg Universitet, Danemark
Jeux de clair-obscur
La phosphorescence et la brume comme symptômes d’altérité dans le récit de voyage scientifique français au XVIIIe siècle

JEUX DE CLAIR-OBSCUR
La phosphorescence et la brume comme symptômes d'altérité
dans le récit de voyage scientifique français au XVIIIe siècle

 

La Nature était au XVIIIe siècle un des instruments par lesquels les savants français semblaient mieux exercer leurs réflexions politiques et philosophiques sur la société. De l'eugénisme d'un Buffon qui prévoyait l'avènement d'une nouvelle ère, où l'Homme serait bientôt à la hauteur de corriger la Nature, à un Rousseau qui cherchait dans la Nature le subterfuge idéal contre une société selon lui malicieuse, la Nature était indubitablement un des leitmotivs préférés du XVIIIe siècle.

L'objectif principal de notre article est d'étudier comment l'objectivation du monde (scientificité) va de paire avec la construction de ce même monde (poïétique) dans l'entrecroisement des Lumières et du Romantisme. Plus concrètement, notre étude illustrera la représentation de deux phénomènes naturels liés au phénomène de la lumière et au manque de cette même, notamment l'aurore boréale et la brume[1], dans les récits de voyage du savant Pierre-Louis Moreau de Maupertuis en Laponie (1732) et de l'amiral Jean-François Galaup de Lapérouse sur le long de la côte du nord-ouest de l'Amérique (1785-1788).

En choisissant les récits de voyage de Maupertuis et de Lapérouse nous voulons montrer la pluralité du voyage. Car s'il y a des similarités entre les deux œuvres, celles-ci se trouvent dans l'intensité de la découverte et dans l'attention que les deux auteurs portent aux moindres détails du voyage, des caractéristiques qui sont propres aux récits de voyages scientifiques du dix-huitième siècle.

Notre analyse visera donc à examiner comment les phénomènes naturels sont présentés et représentés par des discours perçus de prime abord comme incompatibles, mais qui sont selon notre thèse cruciaux pour l'intelligibilité de toute Nature exotique, à savoir le discours scientifique et le discours poétique. En conclusion de ces considérations littéraires et philosophiques, nous nous proposons de dévoiler la poétique latente du clair-obscur comme symptôme de l'altérité du monde exotique.

1. Phosphorescences - Le voyage de Maupertuis en Laponie

Le voyage de Maupertuis en Laponie a comme toile de fond la dispute de la figure de la Terre. Chargé en 1736 par l'Académie Royale des Sciences de Paris de diriger les travaux concernant la mesure de la longueur d'un arc de Méridien de 1 degré, Maupertuis devrait déterminer, si la figure de la Terre était un sphéroïde aplati ou allongé vers les pôles.

En France, la question de l'aplatissement de la Terre aux deux pôles fut l'objet d'une vaste controverse scientifique et idéologique divisée en deux fractions opposées : les cartésiens d'une part et les newtoniens de l'autre. Les premiers défendaient la thèse proposée par René Descartes (1596-1650) selon laquelle la Terre était allongée aux pôles[2]. Les derniers par contre, soutenaient la théorie de l'aplatissement de la Terre formulée par le philosophe anglais, Isaac Newton, dans son Principia Mathematica[3].

Étant bien au courant des théories de Newton, Maupertuis publia en 1752 le Discours sur les différentes figures des astres où l'auteur présente les théories de l'attraction (gravitation) et de la pesanteur (gravité) énoncées par le savant britannique. Face à la critique de la fraction cartésienne qui l'accusait d'antipatriotisme, Maupertuis insistait sur le fait que Newton ne s'était appuyé rien de moins que sur les observations faites en 1672 par l'astronome français Jean Richer à Cayenne (Guyane). Richer avait trouvé que l'horloge à pendule qu'il avait calibrée à Paris se retardait considérablement en Guyane[4]. Pour Newton, l'expérience de Richer était la preuve que la pesanteur (force de la gravité) était moins forte à l'Équateur, l'Équateur étant plus lointain du centre de la Terre[5].

Cependant, la résolution de la vraie figure de la Terre n'était pas seulement d'ordre scientifique, mais aussi d'ordre stratégique vu qu'une telle découverte aurait des avantages capitaux pour l'avancement maritime de la France. Pour trouver la position exacte et des bateaux et des terres nouvellement découvertes, il fallait connaître la vraie longueur du méridien (longitude) et des cercles parallèles à l'Équateur (latitude). Une différence de longueur si insignifiante qu'elle eût été, aurait provoqué de vrais problèmes pour les navigateurs qui ne pouvant pas faire des mesures exactes, seraient laissés au gré des circonstances.

Afin de résoudre le problème de la figure de la Terre, Louis XV donna, sous le patronage du comte de Maurepas, alors ministre de la Marine, son consentement pour l'organisation de deux expéditions scientifiques[6], dont celle de Maupertuis. La mission de Maupertuis[7] consistait à faire la mesure de la longueur d'un arc de méridien de 1 degré en Laponie, au cercle polaire. Si la Terre était une sphère parfaite, la longueur d'un arc de 1 degré serait identique à l'Équateur et aux pôles[8]. Voilà le fondement scientifique du départ de Maupertuis vers le Nord.

Vers le Nord

Tôt le matin du mercredi 2 mai 1736, Maupertuis et sa troupe firent voile route au Nord dans le Prudent, un vaisseau de modeste envergure. Trois semaines plus tard, le 21 mai 1736, l'équipe arriva à Stockholm[9]. Le 5 juin 1736 Maupertuis partit de la capitale suédoise vers la ville de Torneå (Finlande) où il arriva le 20 juin 1736[10]. Les mesures débutèrent le 19 juillet dans la vallée du fleuve Torneå, située dans le golfe de Botnie. Pendant un an, de mai 1736 à juin 1737, Maupertuis et son groupe firent de longs et pénibles voyages d'aller-retour entre Torneå jusqu'à la montagne Kittis, située près de la ville de Pello, bien au-delà du cercle polaire.

Le Nord protéen

Il falloit faire dans les déserts d'un pays presque inhabitable, dans cette forêt immense qui s'étend depuis Torneå jusqu'au Cap Nord, des opérations difficiles dans les Pays les plus commodes. Il n'y avoit que deux maniéres de pénéter (sic) dans ces déserts, & qu'il falloit toutes les deux éprouver : l'une en naviguant sur un fleuve rempli de cataractes, l'autre en traversant à pied des forêts épaisses, ou des marais profonds. Supposé qu'on pût pénétrer dans le Pays, il falloit après les marches les plus rudes, escalader des montagnes escarpées ; il falloit dépouiller leur sommet des arbres qui s'y trouvoient, & qui en empêchoient la vûë ; il falloit vivre dans ces deserts avec la plus mauvaise nourriture ; & exposés aux Mouches, qui y sont si cruelles, qu'elles forcent les Lappons & leurs Reenes, d'abandonner le pays dans cette saison, pour aller vers les côtes de l'Océan, chercher des lieux plus habitables[11].

Ainsi commence la description de la mission scientifique de Maupertuis en Laponie. Avec un choix de mots très caractéristique de son temps, Maupertuis révèle la tâche imposante et noble du savant, voire un héros aux mille vertus, capable de surpasser les conditions les plus hostiles avec un seul but, celui dévoiler la vérité du monde.

Pour Maupertuis le voyage en Laponie était l'opportunité idéale de lier son nom à l'image du savant voyageur, puisque celle-ci jouissait au XVIIIe siècle de la plus grande réputation parmi les intellectuels de l'époque. C'est pourquoi on trouve dans son œuvre des descriptions minutieuses de méthodes de triangulation, de procédés de calcul et d'observation comme s'il s'agissait uniquement d'un essai expérimental de géodésie. Cependant, l'œuvre de Maupertuis est, d'après les premières impressions, plus que tout le récit de voyage au nord, en Laponie, terre inconnue au XVIIIe siècle.

Le Nord est dans l'œuvre de Maupertuis marqué par la coexistence du savoir et du mystère, de la lumière et de l'obscurité, de l'ordre et du chaos. Parallèlement à la mission scientifique où la perception de la Nature est approchée par les lois de l'intelligibilité liées à un empirisme zélé, Maupertuis emmène le lecteur à un univers vivant, dynamique et parfois impénétrable. Chez le savant, la nature nordique est double ; une nature hermétiquement précise qui se révèle autour d'un espace mesurable et une nature de merveille au sens vitaliste du mot, une nature animée et composée autour de lacs à la plus belle eau cristalline et aux mille forêts habitées par des fées et par des génies[12]. Maupertuis, qui depuis son arrivée en Laponie décrivait la Laponie comme dépaysement, espace troublé et fantasmatique, est vite éblouit par une nature faite de contrastes, liés les uns les autres par un vitalisme inhérent :

Pello est un village habité par quelques Finnois, auprès duquel est Kittis la moins élevée de toutes nos montagnes ; c'étoit-là qu'étoit notre signal. En y montant, on trouve une grosse source de l'eau la plus pure, qui sort d'un sable tres-fin, & qui, pendant les plus grands froids de l'hiver, conserve la liquidité ; lorsque nous retournâmes à Pello sur la fin de l'hiver, pendant que la Mer du fond du golfe, & tous les fleuves étoient aussi durs que le Marbre, cette eau couloit comme pendant l'été[13]

C'est dans ce sens que la nature nordique peut être vue comme organique. Appréhendée et par l'œil foudroyant du savant capable de tout discerner et par le regard contemplatif et poétique du spectateur pour qui la nature ne reste qu'énergie et mystère, la nature nordique est vue par Maupertuis comme primordiale et le Nord est l'essence même de cette origine. Ce va-et-vient entre la réflexion et la contemplation poétique, toujours présent dans le récit, devient le symbole de la mission du savant face à une nature organisée et méthodique et une nature autre, exotique, qui ne se laisse pas facilement saisir. Ce coup de force entre la systématisation de l'inconnu et l'abandon du savant au gré d'une nature insaisissable met en évidence le rôle du savant au XVIIIe, voire celui de maître et de spectateur. C'est dans le rôle de savant que Maupertuis exerce son autorité, comme s'il était bien à l'aise dans un monde pourtant bien inconnu pour lui:

Toutes nos courses, & un séjour de 63 jours dans les deserts, nous avoient donné la plus belle suite de Triangles que nous pussions souhaiter. Un ouvrage commencé sans savoir s'il seroit possible, & pour ainsi dire, au hazard, étoit devenu un ouvrage heureux, dans lequel il sembloit que nous eussions été les maîtres de placer les montagnes à notre gré[14]

Tel un virtuose, Maupertuis organise et maîtrise l'espace qui l'entoure. Le Nord se sécularise lentement et les milliers de calculs en sont la preuve. Suivant la tradition du voyageur philosophe, Maupertuis a toujours l'œil sur les moindres détails d'un paysage souvent aliéné de l'Homme mais en même temps fourmillant de vie malgré sa stérilité et son impénétrabilité. Le Nord est un locus animé par la force d'une nature ornée « de montagnes entassées les unes sur les autres, comme on représente le cahos »[15] de fleuves remplis de cataractes, de marais profonds et de forêts épaisses peuplées de grosses et cruelles mouches à la tête verte. Dans ce Nord, la vie y est dans une perpétuelle transformation, soit en mouvement soit en inamovibilité. Le chimisme de la nature nordique en est évident ; à côté d'un lac teint de petits grains jaunâtres de quelque sorte de nymphe, des sapins déracinés et réduits à la poussière, se brisent et s'écrasent au simple toucher[16]. Pour Maupertuis le savant, le Nord est la scène où la vie et la mort se déroulent sans intermittences.

Aurora borealis

Terre d'extrêmes, vaste étendue aux confins du vivant, là où chaque grain de vie remue ou s'éteint, la Laponie est dans l'œuvre de Maupertuis protéiforme, se transformant continuellement devant les yeux surpris et en même temps impuissants du savant. Renfermé la plupart du temps dans sa chambre depuis décembre 1736 à mars 1737, Maupertuis fut surpris par la rigueur d'un hiver qui avait transformé, comme par magie, les rues des villes en des lieux déserts. Engouffré dans l'obscurité de neige et de glace, Maupertuis observe un jour un phénomène qui incarnera pour l'auteur le souffle même de la vie, symbole d'une nature toujours en voie de résister à l'atonie moribonde du paysage. Ce phénomène c'est l'aurore boréale plus communément appelée lumière du nord.

Les aurores boréales suscitaient depuis le XVIIème siècle de nombreuses spéculations parmi les savants qui n'en connaissaient pas la cause. En France, le père Du Fesc publia en 1732 dans le Journal de Trévoux la Dissertation sur la lumière septentrionale avec l'explication de ses divers phénomènes, qui fut un des premiers essais scientifiques français à traiter l'origine des aurores. En raison de trois observations de lumière septentrionale faites respectivement à Paris, Perpignan et Chambéry, le 19 octobre 1726, du Fesc conclut que l'aurore boréale n'était pas formée à la suite de positions planétaires exceptionnelles, mais plutôt due à des phénomènes atmosphériques particuliers :

des vapeurs & exhalaisons répandües, ou qui se répandent dans les airs ; ou plûtôt de ce que ces vapeurs & exhalaisons interceptent, rompent & réfléchissent diversement les rayons que la lumière septentrionale ou la clarté extraordinaire du bleu celeste renvoye aux yeux du spectateur[17].

En 1733 Dortous de Mairan (1678-1771) publia le Traité physique et historique de l'aurore boréale suivit de 15 planches, illustrant le phénomène, observé à différentes lieux, entre autres à Brévillepoint, le 19 et le 26 septembre 1726. Les planches dessinées par Louis-Jacques Goussier révèlent des halos géométriques en forme d'arc en ciel, des arcs en forme de rouleau de pellicule ou des jets de lumière, comme si un astre aurait éclaté dans le firmament. L'éclectisme présent dans les dessins de Goussier montre bien la difficulté de son auteur à préciser l'origine du phénomène. Dans son ensemble, les dessins de l'artiste ressemblent plutôt à des arcs-en-ciel, ce qui est en accord avec les théories de De Mairan qui attribuait les aurores boréales à une extension de l'atmosphère du soleil se mélangeant à celle de la terre :

Dans tout autre occasion, c'est-à-dire, dans les cas moyens, qui, selon ce que nous connoissons aujourd'hui de l'Atmosphere du Soleil, doivent faire sans comparaison le plus grand nombre, l'Immersion, ou l'Emmersion du Globe Terrestre par rapport à cette Atmosphere, dépendra de la rencontre fortuite de son extension plus ou moins grande en certains sens, de son épaisseur, de son aspect à l'égard de l'Orbite Terrestre, & du lieu actuel que la Terre occupe dans cette Orbite[18].

Même si les théories proposées par Du Fesc et De Mairan étaient bien fondées, il est curieux que Maupertuis ne fasse jamais allusion aux hypothèses soutenues par les deux savants. En plus, tant Du Fesc que De Mairan citaient souvent les théories de Newton à propos des effets d'optique. Des théories que Maupertuis d'autant plus connaissait par cœur, puisqu'il les cite dans son Essay de Cosmologie (1752).

Cependant et contrairement aux descriptions méticuleuses du mesurage du méridien, Maupertuis n'éclaircit jamais scientifiquement l'apparition d'aurores boréales. Bien au contraire, en décrivant les aurores boréales Maupertuis soutient tout au long de son texte un langage fortement allégorique :

On ne finiroit pas, si l'on vouloit dire toutes les figures que prennent ces lumiéres, ni tous les mouvements qui les agitent. Leur mouvement le plus ordinaire, les fait ressembler à des drapeaux qu'on feroit voltiger dans l'air; & par les nuances des couleurs dont elles sont teintes, on les prendroit pour de vastes bandes de ces taffetas, que nous appelons flambés. Quelquefois elles tapissent quelques endroits du ciel, d'écarlate. Je vis un jour à Öswer-Torneå (c'étoit le 18 Décembre) un spectacle de cette espece, qui attira mon admiration, malgré tous ceux auxquels j'étois accoûtumé. On voyoit vers le Midi, une grande région du ciel teinte d'un rouge si vif, qu'il sembloit que toute la Constellation d'Orion fût trempée dans du sang: cette lumiére, fixe d'abord, devint bientôt mobile, & après avoir pris d'autres couleurs, de violet & de bleu, elle forma un dôme dont le sommet étoit peu éloigné du Zénith vers le Sud-Ouest ; le plus beau clair de Lune n'effaçoit rien de ce spectacle. Je n'ai vû que deux de ces lumiéres rouges qui sont rares dans ce pays, où il y en a de tant de couleurs ; & on les y craint comme le signe de quelque grand malheur. Enfin lorsqu'on voit ces phénomenes, on ne peut s'étonner que ceux qui les regardent avec d'autres yeux que les Philosophes, y voyent des chars enflammés, des armées combattantes, & mille autres prodiges[19].

L'aurore boréale devient ainsi le symbole d'une nature nordique à la fois inquiétante et mystérieuse. Elle est dépeinte comme une palette multicolore et aux mille facettes, ressemblant soit à une écharpe de lumière soit au filet des pêcheurs. Ses feux multicolores transforment le Nord hibernal, stérile et froid dans un espace aux mille prodiges, une nature de Protée qui se transforme constamment dans un espace organique et énergétique. Comparées à des drapeaux voltigeant dans l'air, la nature est lumineuse, phosphorique. Le Nord est énergie et sensibilité et l'aurore boréale est la trace d'une nature sophistiquée et insaisissable. Certes, l'aurore boréale émoi le philosophe, mais plus important encore elle provoque dans son ouvrage le développement d'une poétique nouvelle qui va de paire avec le discours scientifique.

Pour Maupertuis le savant, l'aurore boréale est la possibilité d'évasion face et aux rigueurs d'un hiver inhumain et impitoyable et aux mesures rationnelles et parfois fastidieuses de l'arc du méridien. L'aurore boréale est pour conclure l'alibi idéal eu égard au travail scientifique du mesurage du méridien, la possibilité d'une fuite virtuelle dans un pays à la nature féerique. Par l'aurore boréale Maupertuis le savant devient Maupertuis le poète au sens primordial du mot ; en présence d'une nature commensurable, calibrée, émerge une nature mystique digne à contempler. Une nature qui émoi mais qui retient aussi l'attention de l'observateur. Et ne serait-ce pas là l'ambition ultime de tout acte scientifique ?

2. La brume - Le voyage de Lapérouse

A l'aube du 1er août 1785, le Commandant des frégates La Boussole et L'Astrolabe Jean-François Galaup de Lapérouse (1741-1788), ordonnait à ses hommes de lever les voiles. Une foule de badauds se pressait alors le long de la jetée du port de Brest pour assister au départ de ce que l'histoire de France retiendrait comme la plus remarquable expédition scientifique du dix-huitième siècle. Et c'est encore sans compter sa mystérieuse disparition en 1788, trois ans après le début de l'expédition, qui en ferait une des plus célèbres. A l'exception d'un interprète[20], l'équipage entier perdit la vie ou sur les brisants qui entouraient l'île Vanikoro dans l'archipel des îles Salomon ou à terre.

Voyage en Alaska

Parti en août 1785, Lapérouse et ses hommes visitèrent entre autres l'île de Madère, le port de Conception (Chili) et de l'île de Pâques avant de faire route aux îles Sandwich, aujourd'hui Hawaï, où l'expédition arriva, le 29 mai 1786. La vue de l'île Mowée (Maui) est décrite par Lapérouse dans des termes presque mythiques :

Il faut être marin et réduit, comme nous, à une bouteille d'eau par jour, pour se faire une idée des sensations que nous éprouvions. Les arbres qui couronnaient les montagnes ; la verdure, les bananiers qu'on apercevait autour des habitations, tout produisait sur nos sens un charme inexprimable : mais la mer brisait sur la côte avec la plus grande force ; et, nouveaux Tantales, nous étions réduits à désirer et à dévorer des yeux ce qu'il nous était impossible d'atteindre[21].

Lapérouse trouva un port de relâche quelques heures plus tard. L'expédition fit vite connaissance avec les indigènes et des échanges s'y firent dans la plus grande harmonie. Le lendemain, Lapérouse débarqua sur l'île de Maui afin d'y étudier les mœurs de ses habitants. Impressionné par la culture, l'industrie et surtout par la gentillesse des naturels, il refusa de prendre possession de l'île au nom du roi. La visite à Maui ne dura que 2 jours. Au courant des descriptions bien détaillées que le navigateur britannique James Cook (1728-1779)[22] avait déjà faites de l'île, Lapérouse ne voulut pas y perdre du temps. Après avoir fait des provisions, l'expédition fit voile le matin du 1er juin 1786. Une nouvelle aventure commença.

À bord de l'Astrolabe et de la Boussole le souvenir des jours passés sur l'île ensoleillée de Maui se dissipait au fur et à mesure que le brouillard et l'humidité pénétraient les hardes des matelots. Dans les mois à venir, la mission de Lapérouse consistait à reconnaître les côtes du Nord-Ouest de l'Amérique depuis le mont Saint-Élie (Alaska) jusqu'à Monterey (Californie).

Le ciel blanchâtre et terne, les grandes baleines et les plongeons étaient les premiers indices de l'existence du grand continent - l'Amérique. Le 9 juin 1786, des nappes de brumes qui engloutissaient sans cesse les bateaux confirmaient la proximité du golfe d'Alaska. Pendant deux semaines le manque de lumière dans un paysage moribond et affligé par des nuées de cendre et des brumes crayeuses et blêmes, provoquait en Lapérouse un désir de voir précisément ce qui se dissimulait par-delà ce rideau de brume impénétrable. La terre protégée et intouchée n'était maintenant bien qu'à la portée de la main.

Finalement, le 23 juin 1786, le ciel se dissipa laissant les hommes apercevoir une chaîne immense de montagnes couvertes de neiges. Se dévoilant sous le regard fasciné et égaré des hommes, Lapérouse reconnut aussitôt le majestueux Mont Saint-Élie dont la cime paraissait s'enlever au-dessus des nuages. C'était comme si la côte était sculptée dans un paysage bleuâtre de silence. Paradoxalement, c'est au moment même de l'apparition, disons même de la révélation du continent, que le voyage dans l'obscurité commence. Le contraste entre la noirceur du paysage et la blancheur coruscante des neiges devient le symbole des périls et des désillusions à venir :

La vue de terre qui, après une longue navigation, procure ordinairement des impressions si agréables, ne produisit pas sur nous le même effet; l'œil se reposait avec peine sur ces masses de neiges qui couvraient une terre stérile et sans arbres; les montagnes paraissaient un peu éloignées de la mer, qui brisait contre un plateau élevé de cent cinquante ou deux cents toises. Ce plateau noir, comme calciné par le feu, dénué de toute verdure, contrastait d'une manière frappante avec la blancheur des neiges qu'on apercevait au travers des nuages ; il servait de base à une longue chaîne de montagnes qui paraissait s'étendre quinze lieues de l'Est à l'Ouest. Nous crûmes d'abord en être trés-près ; la cime des monts paraissait au-dessus de nos têtes, et la neige répandait une clarté faite pour tromper les yeux qui n'y sont pas accoutumés : mais, à mesure que nous avançâmes, nous aperçûmes, en avant du plateau, des terres basses couvertes d'arbres, que nous prîmes pour des îles : il était probable que nous y devions trouver un abri pour nos vaisseaux, ainsi que de l'eau et du bois. (...) Une brume épaisse enveloppa la terre pendant toute la journée du 25; mais, le 26, le temps fut très-beau: la côte parut à deux heures du matin avec toutes ses formes[23].

Obsédé par la noirceur de la brume, Lapérouse a du mal à supporter la lumière fulgurante des glaciers, peints d'une clarté inquiétante qui aveugle ses yeux. La lumière ne le réconforte pas. Il n'est pas le vieillard de la République de Platon qui après avoir vécu pendant toute sa vie dans l'ignorance des ombres porte enfin son regard sur la lumière perçante mais bienfaisante de la connaissance. Lapérouse qui avant l'arrivée en Alaska avait un œil pénétrant, un regard d'aigle, est aveuglé non par la brume mais par la lumière de la neige. Seule l'opacité de la brume lui donne du réconfort. La brume du nord devient le seul moyen d'évasion ; voyager dans l'opacité de la brume c'est voyager dans un espace ouvert aux possibilités infinies d'une rencontre. La brume c'est l'espoir d'attendre l'émergence d'autrui, c'est le moyen par lequel le mystère du voyage et d'une altérité toujours absente se perpétue. Par la brume le secret continue.

Le continent américain est dans l'œuvre de Lapérouse donc présent par son absence. C'est comme si la terre était partout et nulle part. La brume représente la Nature dans son état clandestin, symbolisée par l'horizon et le contour des côtes qui s'estompent. Il est même impossible d'en faire des relèvements. Comme exemple, la route qui va du Mont Saint-Élie jusqu'au Cap Tchirikov est absente dans les cartes ! La cécité du voyage exotique est cette impuissance à reconnaître ce qui n'est pas là, un voyage dans un tout près, mais en même temps dans un éternel lointain.

Le voyage de Lapérouse dans le Nord gravite autour de la thématique hallucinatoire du jeu entre l'obscurité et la lumière, voire de la cécité et de l'apparition. A l'inverse des voyages d'exploration pour qui la lumière va de paire avec l'émergence du savoir, c'est le jeu entre l'opacité et la lumière qui réveille en Lapérouse le désir de voyager. Le voyage en Alaska, tout au long de la côte nord-ouest américaine se déroule donc dans un ailleurs à la fois obscur et lumineux, dans un espace chatoyant qui s'éclaircit et s'obscurcit comme un clin d'œil.

C'est donc à partir de cette dynamique produite par l'interaction de la lumière et de l'obscurité que le voyage devient aventure face à un univers se perpétuant à jamais. Un univers de matière (lumière) et d'esprit (la brume). Il faut remarquer ici la centralisation de la vue et de la perception dans le récit de Lapérouse; tandis que la lumière aveuglante saisi ce qui est là, c'est-à-dire la réalité de la matière, la brume apporte au voyageur une autre sensibilité, celle de l'imagination, de l'interprétation de l'univers. La relation entre la lumière et l'obscurité n'est pas hégémonique puisque ni l'une ni l'autre ont la primauté. La dynamique existante entre le clair-obscur c'est l'élan même du voyage de découverte - le voyage scientifique - et le voyage d'anti-découverte - le voyage exotique.

Voyons avec quelle force le voyage joue sur la thématique du sublime comme énergie sur laquelle Lapérouse n'a aucun pouvoir. Le 2 juillet 1786, l'Astrolabe et la Boussole arrivent à une baie bordée de neige et où une cascade de la plus belle eau cristalline tombe de la cime des montagnes. Lapérouse nomme cet endroit Port des Français (aujourd'hui Lituya Bay). Les premiers contacts avec les indigènes furent vite établis, mais c'est la présence d'une nature extrême et sublime qui étonne Lapérouse :

Nous avions déjà visité le fond de la baie, qui est peut-être le lieu le plus extraordinaire de la terre. Pour en avoir une idée, qu'on se représente un bassin d'eau d'une profondeur qu'on ne peut mesurer au milieu, bordé par des montagnes à pic, d'une hauteur excessive, couvertes de neige, sans un brin d'herbe sur cet amas immense de rochers condamnés par la nature à une stérilité éternelle. Je n'ai jamais vu un souffle de vent rider la surface de cette eau ; elle n'est troublée que par la chute d'énormes morceaux de glace qui se détachent très-fréquemment de cinq différens glaciers, et qui font, en tombant, un bruit qui retentit au loin dans les montagnes. L'air y est si tranquille et le silence si profond, que la simple voix d'un homme se fait entendre à une demi-lieue, ainsi que le bruit de quelques oiseaux de mer qui déposent leurs œufs dans le creux de ces rochers. C'était au fond de cette baie que nous espérions trouver des canaux par lesquels nous pourrions pénétrer dans l'intérieur de l'Amérique[24].

Lapérouse ne trouva jamais le passage à l'intérieur de l'Amérique puisque les canaux dont il parle se terminaient par deux glaciers, mais la description de ce pays « aux extrémités de la terre »[25] traduit le respect et l'effroi du navigateur face à un paysage impénétrable à qui la volonté du voyageur n'a aucun mot à dire. En plus, la clarté dont Lapérouse décrit la baie du Port des Français est en contraste direct avec la cécité provoqué par les brumes. La clarté du paysage est une trompe l'œil et le calme n'est qu'une illusion car quelques heures avant le départ, Lapérouse y perdit 21 hommes dans la rage dissimulée des brisants. Lieu de silence, refuge idéal et symbole d'espoir, le Port des Français devient d'un instant à l'autre un endroit macabre, signe de malheur.

Après quelques jours de recherches infortunes, l'expédition prit le départ, route à Monterey, en Californie. Compagne de voyage, la brume tomba aussitôt : « Je continuai à prolonger la côte à trois lieues de distance, les montagnes toujours fort embrumées ; nous n'apercevions que par intervalle les terres basses, et nous tâchions d'en reconnaître les sommets, afin de ne pas perdre le fil de nos relèvemens »[26]. L'expédition continue dans un état d'errance et le voyage d'anti-découverte se dévoile dans l'obscurité : « A huit heures du matin, je fus obligé de prendre le large, à cause d'une brume épaisse dont nous fûmes enveloppés (...) nous aperçumes alors la terre très-confusément dans le Nord-Est : la brume me fit bientôt reprendre le large »[27].

Le voyage au long de la côte de l'Amérique se déroule dans l'opacité constante des brumes. C'était comme si la nature jouait à cache-cache avec l'expédition. Parfois le ciel s'éclaircissait quelques moments avant le crépuscule, autres fois la brume tombait à l'aperçu d'une nouvelle baie. Le voyage le long de la côte de l'Amérique est un voyage au ralenti dont la possibilité d'une arrivée diminue, se réduisant pure et simplement à une illusion d'optique. Et voyager n'est-ce pas l'éventualité de ne jamais parvenir au but, à la destination ? Que si. A supposer que le voyage se fasse dans le signe de l'anti-découverte, comme le prouvent les petits morceaux du récit de Lapérouse, lorsque les frégates s'approchaient de la destination, la baie de Monterey, sur la côte de la Californie :

Au jour, nous étions à la même distance de la terre que la veille ; nous observâmes, comme le jour précédent, 45d 55'. Nos relèvemens furent presque les mêmes ; et entraînés par des courans qui s'étaient compensés, il semblait que nous eussions tourné pendant les vingt-quatre heures sur un pivot. (le 3 septembre 1786)[28].

Nous trouvâmes le ciel moins pur dans cette partie de l'Amérique, que dans les hautes latitudes, où les navigateurs jouissent, au moins par intervalles, de la vue de tout ce qui se trouve au-dessus de leur horizon : la terre ne s'y montra pas une seule fois avec toutes ses formes. (le 6 septembre 1786)[29].

Nous devions être très-près de la côte ; plusieurs oiseaux de terre volaient autour de nos bâtimens, et nous prîmes un faucon de l'espèce des gerfauts. La brume continua toute la nuit ; et le lendemain, à dix heures du matin, nous aperçûmes la terre très-embrumée et très-près de nous. Il était impossible de la reconnaitre; (le 12 septembre 1786)[30].

Par la brume, le voyage de Lapérouse reste haptique. A l'encontre de la luminosité des horizons possibles, la brume c'est l'évasion même, la fuite, la recherche d'un refuge au-delà de l'espace et du temps. Pour cette raison même, le voyage en Alaska est dans l'œuvre de Lapérouse un voyage exotique au sens pur du mot. Un voyage dans le dehors du monde. Et Lapérouse n'était-il pourtant pas bien conscient de cette même évasion ? De fait, il s'excuse lui-même à ses lecteurs, puisque comme il écrit « mon imagination a toujours été contrainte de se porter à deux ou trois mille lieues de mon vaisseau »[31].

Jeux de clair-obscur

Quelques mots en guise de conclusion. La thématique du clair-obscur est immanente dans les voyages de Maupertuis et de Lapérouse ; Dès les feux de mille couleurs observés par Maupertuis à Torneå, jusqu'au malaise éprouvé par Lapérouse en longeant les côtes brumeuses de l'Alaska, la lumière est, selon nous, l'alibi d'une altérité exotique toujours imprévue et trop souvent incompréhensible. La lumière est par sa luminescence (Maupertuis) et par son obscurité (Lapérouse) le signe d'une nature qui attire et séduit. Une nature exotique qui ne se donne jamais à voir, mais qui est pourtant là. Une nature toujours à la dérive de la compréhension du voyageur. Une nature qui ne se réalise jamais mais qui reste toujours au delà des confins du voyage.

Elsa Cristina de Lima Agra Amorim Brander (Ph.D.)


  1. ^ Au dix-huitième siècle, la terminologie nautique emploie le mot brume au lieu de brouillard.
  2. ^ John Hedley Brooke, Science and Religion. Some Historical Perspectives, Cambridge, Cambridge University Press, 1996, p. 122.
  3. ^ Michael Rand Hoare, The Quest for the True Figure of the Earth. Ideas and Expeditions in Four Centuries of Geodesy, Ashgate, 2005, p. 27.
  4. ^ Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, « Discours sur les différentes formes des astres », dans Les Œuvres de Mr. de Maupertuis, À Dresde, chez Jean Conrad Walther, 1752, p. 57.
  5. ^ En d'autres mots, la pesanteur augmentait de l'Équateur aux pôles. Voilà pourquoi la pendule de Richer retardait à l'Équateur ; la pesanteur (gravité) y étant moins forte, la pendule offrait moins de résistance et l'angle d'oscillation devenait ainsi plus grand, donc l'horloge se retardait. 
  6. ^ L'autre expédition était commandée par La Condamine (1701-1774) à l'Équateur. La Condamine partit en 1735 et revint à Paris en 1745. (La Condamine 1752).
  7. ^ L'expédition de Maupertuis comprenait le mathématicien Alexis Clairaut (1713-1765), l'astronome suédois Anders Celsius (1701-1744), l'adjoint mécanicien Charles Étienne Louis Camus (1699-1788), l'adjoint géomètre Pierre-Charles Le Monnier (1715-1799) et l'abbé Réginald Outhier. (Maupertuis, 1752 : 105-106).
  8. ^ La mesure trouvée par Maupertuis en Laponie était de 57437 toises contre les 56759 toises mesurées par l'équipe stationnée à l'Équateur. Ces données montraient que les pôles étaient aplatis puisque la longueur d'un arc de 1 degré était plus grande au cercle polaire qu'à l'Équateur. (Maupertuis, 1752 : 138).
  9. ^ Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, « Mesure de la Terre au Cercle Polaire », dans Les Œuvres de Mr. de Maupertuis, À Dresde, chez Jean Conrad Walther, 1752, p. 106.
  10. ^ Réginald Outhier, Journal d'un voyage au Nord, en 1736 & 1737, À Amsterdam, Chez H.G. Löhner, 1746 p. 28-67.
  11. ^ Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, « Mesure de la Terre au Cercle Polaire », op. cit., p. 108-109.
  12. ^ Ibid., p. 116.
  13. ^ Ibid., p. 114.
  14. ^ Ibid., p. 119.
  15. ^ Ibid., p. 113.
  16. ^ Ibid., p. 115.
  17. ^ Du Fesc, « Dissertation sur la lumière septentrionale avec l'explication de ses divers phénomènes », dans Journal de Trévoux, ou Mémoires pour servir à l'Histoire des Sciences et des Arts, Paris, 1732, tome XXXII, p. 1208.
  18. ^ Dourtous de Mairan, Traité physique et historique de l'aurore boréale, À Paris, De l'Imprimerie Royale, 1733, p. 218.
  19. ^ Pierre-Louis Moreau de Maupertuis, « Mesure de la Terre au Cercle Polaire », op. cit., p. 133-134.
  20. ^ Il s'agit de Barthélemy de Lesseps. Il quitte l'expédition sur la presqu'île de Kamtchatka (Sibérie de l'Ouest) en septembre 1787. Il emporte avec lui des lettres, des livres de bord et des dessins de Lapérouse et des membres de l'équipage destinés entre autres au Ministre de la Marine Charles Pierre Claret comte de Fleurieu et à la Société d'Histoire naturelle de Paris (Milet-Mureau, 1797a, III: 126-127).
  21. ^ Marie Louis Antoine Milet-Mureau, Voyage de La Pérouse autour du monde, Publié conformément au décret du 22 Avril 1791, et Rédigé par M. L.A. Milet-Mureau, Général de Brigade dans le Corps de Génie, Directeur des Fortifications, Ex-Constituant, 4 volumes, À Paris, de L'Imprimerie de la République, 1797, p. 111-112.
  22. ^ À l'occasion de son troisième voyage de découvertes (1776-1880), Cook visita les îles Hawaï deux fois; La première fois en 1778 (19 janvier-2 février) et la seconde fois en 1779 (17 janvier -14 mars).
  23. ^ Marie Louis Antoine Milet-Mureau, Voyage de La Pérouse autour du monde, op. cit., t. II, p. 136.
  24. ^ Ibid., p. 158-159
  25. ^ Ibid., p. 191.
  26. ^ Ibid., p. 219.
  27. ^ Ibid., p. 228.
  28. ^ Ibid., p. 239.
  29. ^ Ibid., p. 240-241.
  30. ^ Ibid., p. 242-243.
  31. ^ Ibid., p. 233.

Référence bibliographique:

Brooke, John Hedley, Science and Religion. Some Historical Perspectives, Cambridge, Cambridge University Press, 1996.

Du Fesc, « Dissertation sur la lumière septentrionale avec l'explication de ses divers phénomènes », dans Journal de Trévoux, ou Mémoires pour servir à l'Histoire des Sciences et des Arts, Paris, 1732, Tome XXXII.

Hoare, Michael Rand, The Quest for the True Figure of the Earth. Ideas and Expeditions in Four Centuries of Geodesy, Ashgate, 2005.

La Condamine, Charles Marie de, Journal du voyage fait par ordre du Roi à l'Equateur, servant d'introduction historique à la Mesure de trois premiers degrés du Méridien, À Paris, De l'Imprimerie Royale, 1751.

Mairan, Dourtous de, Traité physique et historique de l'aurore boréale, À Paris, De l'Imprimerie Royale, 1733.

Maupertuis, Pierre-Louis Moreau de, « Mesure de la Terre au Cercle Polaire », dans Les Œuvres de Mr. de Maupertuis, À Dresde, chez Jean Conrad Walther, 1752, p. 95-142.

Maupertuis, Pierre-Louis Moreau de, « Discours sur les différentes formes des astres », dans Les Œuvres de Mr. de Maupertuis, À Dresde, chez Jean Conrad Walther, 1752, p. 55-94.

Milet-Mureau, Marie Louis Antoine, Voyage de La Pérouse autour du monde, Publié conformément au décret du 22 Avril 1791, et Rédigé par M. L.A. Milet-Mureau, Général de Brigade dans le Corps de Génie, Directeur des Fortifications, Ex-Constituant, 4 volumes, À Paris, de L'Imprimerie de la République, 1797.

Outhier, Réginald, Journal d'un voyage au Nord, en 1736 & 1737, À Amsterdam, Chez H.G. Löhner, 1746.

Pour citer cet article:

Référence électronique
Elsa Cristina DE LIMA AGRA AMORIM BRANDER, « JEUX DE CLAIR-OBSCUR », Astrolabe [En ligne], Septembre / Octobre 2010, mis en ligne le 09/08/2018, URL : https://astrolabe.msh.uca.fr/septembre-octobre-2010/dossier/jeux-de-clair-obscur