AU PAYS D’ULYSSE

Astrolabe N° 21
Université de Péloponnèse
Au pays d'Ulysse
Les voyageuses britanniques en Grèce (XVIIIe – XIXe siècles)

AU PAYS D'ULYSSE
Les voyageuses britanniques en Grèce (XVIIIe - XIXe siècles)

 

La plupart des Anthologies et des études consacrées au voyage des femmes en Orient[1], ne comprennent pas la Grèce, bien que souvent les voyageuses aient écrit sur la Turquie, la Grèce et le Moyen Orient dans le même livre, comme, par exemple, c'est le cas de Lady Craven avec son ouvrage A Journey Through the Crimea to Constantinople (1789) ou, un siècle après, d'Agnes Lewis Smith avec son ouvrage Eastern Pilgrims : The Travels of Three Ladies (1870). Billie Melman désigne comme 'Orient' tous les pays qui étaient sous la domination ottomane[2] - la Grèce y était pendant quatre siècles. Déjà depuis le XVIIIe siècle, on discerne une certaine confusion chez les voyageurs en ce qui concerne la position ambiguë du pays entre l'Occident et l'Orient ; non seulement sa position géographique mais aussi son passé glorieux causaient un conflit constamment retrouvé dans les textes des voyageurs qui regardaient le pays sous une optique bipolaire, celle-ci provoquant des sentiments d'enthousiasme et de déception : d'un côté la vision de l'antiquité, source de civilisation occidentale et de l'autre côté, l'état présent de la Grèce moderne, en déclin[3]. Jusqu'à son indépendance de l'occupation ottomane au début du XIXe siècle, la Grèce fut souvent considérée comme faisant partie de l'Orient, une région «très lointaine des puissants états occidentaux,  mais qui, dans l'imaginaire collectif des sociétés occidentales, constituait leur berceau natal »[4]. Après son indépendance, à l'époque où le jeune état grec cherchait sa propre identité nationale et culturelle, le voyage en Grèce s'est multiplié, y compris le voyage des femmes, surtout des Britanniques, celles-ci plus que les autres Européennes, s'adonnèrent à la passion de voyage, par goût d'aventure et en raison du colonialisme.

Les impressions de voyage écrites par des femmes - domaine marginalisé et négligé par la critique jusque dans les années 1990 - ont contribué à la construction d'une histoire de femmes alternative, en renversant les stéréotypes de genre solidifiés depuis des siècles et en démontrant la question d'une solidarité de genre. Bien que le voyage constituait un acte émancipateur pour les femmes dont la vie se limitait dans la sphère privée, il ne fallait pas, précise Sara Mills, considérer d'une façon simpliste leurs textes comme des textes féministes étant donné qu'ils se trouvent au croisement de multiples discours.

« Les récits de voyageuses ne peuvent être facilement assimilés à un cadre orientaliste » écrit Sara Mills, mais,

ils semblent  constituer une voix alternative et subversive en raison des discours en conflit dans leurs textes. On ne peut pas dire que les voyageuses parlent en dehors du discours colonial, mais leur relation au discours dominant pose des problèmes à cause du conflit de ce dernier avec les discours de féminité, ceux-ci exerçant une influence équivalente sur elles, parfois même plus puissante[5].

Les voyageuses qui transgressent des domaines traditionnellement masculins de voyage et d'écriture, désignent par leur exemple des nouveaux rôles possibles pour les femmes. Il s'agit d'une « affirmation d'un pouvoir d'action féminin », une « entreprise libératrice » qui, selon Bénédicte Monicat, ne se limite pas aux « voyageuses actionnelles » mais elle concerne aussi les « consommatrices culturelles »  et autres femmes qui sont intégrées à un cadre de voyage plus conservateur, peu concerné par les problèmes sociaux[6]. En étudiant les impressions de voyage des anglo-saxonnes, Shirley Foster remarque que bien que l'acte de voyage ne peut pas être en tant que tel lié à un discours féministe radical, il constitue un moyen de découvrir le sujet féminin, de réinventer son identité de genre[7]. Selon Grewal, « aucune étude sur le voyage ne peut exclure la question importante de la formation du sujet, de l'idéologie et de l'impérialisme »[8] ; dans cette perspective sont situées les impressions de voyage en Grèce des Britanniques du XVIIIe et surtout du XIXe siècles : construire une conscience de genre, démontrer la complicité ou la résistance envers les opérations impérialistes de la Métropole, devenir des « exploratrices sociales » dans la « zone de contact » selon les termes de Mary Louise Pratt[9]. C'est exactement dans ce dernier axe où se trouve l'intérêt principal de leurs récits : aux descriptions des coutumes et des moeurs du peuple grec et surtout des femmes, un sujet qui était peu traité par leurs prédécesseurs - le trait commun des ouvrages des tous ces voyageurs en Grèce étaient l'absence presque totale de la mention des femmes, de leur vie quotidienne tant dans la maison que dans la vie publique. Aucun de ces voyageurs n'avait pas eu la possibilité d'entrer dans les bains ou même de discuter dans la rue avec les femmes autochtones, bien que les Grecques aient été plus accessibles aux étrangers que les femmes musulmanes des autres régions de l'Empire ottoman.

Sur les femmes ottomanes, Lady Mary Wortley Montagu (1689-1762) avait déjà amplement parlé dans ses fameuses Lettres - qui, selon Sarga Moussa, « déterminent tout le débat sur la condition des musulmanes »[10] ; Lady Mary a évoqué « l'extrême ignorance » des voyageurs et des écrivains à propos de la femme turque et de sa vie. Pourtant Lady Montagu n'a jamais visité la Grèce bien que cela était dans ses intentions, comme cela est bien évident dans ses Lettres ; en rentrant de Constantinople en Europe occidentale et en passant au delà de l'île de Chios, elle désirait « boire du thé avec Sapho » et visiter le temple d'Homère et les statuaires de la région. Elle craignait aussi de visiter le Péloponnèse car on l'avait informé que « au lieu des mi-dieux et des héros, des bandits terribles y circulaient » et qu'il était très dangereux pour elle d'aller dans cette région[11]. Montagu était [eut-être choquée , peut-être, à l'idée de perturber ou de détruire l'image qu'elle avait de la Grèce antique, de sa culture et de ses Lettres, en visitant la Grèce réelle un pays désastreux et en déclin sous les Ottomans. Au XVIIIe siècle d'ailleurs, les femmes occidentales qui visitaient la Grèce étaient rares, étant donné les difficultés du voyage dans le pays dépourvu de rues, de moyens de transport et de toute facilité de séjour[12].

C'est en 1786 que Lady Craven (1750-1828) a visité les îles grecques et Athènes, accompagnée de l'ambassadeur de France à Constantinople et homme de Lettres le comte Choiseul-Gouffier. Son récit de voyage A Journey Through the Crimea to Constantinople, sous forme épistolaire, a « immortalisé son nom, celui de la première femme à s'élancer seule sur les routes de l'Orient proche »[13]. Craven ne partageait pas les craintes de Mary Montagu mais elle partageait avec elle l'amour de la Grèce antique et de son passé glorieux.

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Portrait de Lady Craven[14]

Comme la plupart des voyageurs en Grèce en ce siècle, des archéologues, collectionneurs des antiquités, érudits et amateurs de l'antiquité hellénique qui cherchaient à rencontrer les images préconçues sur la Grèce, Craven fut déçue de la réalité, comme seront déçues, un siècle après, les voyageuses romantiques victoriennes qui désiraient suivre les pas de Lord Byron.  Sa déception pour la disparition de la Grèce antique l'amène à juger comme « figure ridicule » une jeune Naxiote aux habits de fête[15], comme « stupide » l'ancienne danse d'Ariadne, exécutée devant elle par des jeunes Athéniennes[16] et à regretter l'état présent du paysage hellénique, là où « Adriane pleurait la fuite de son amant [et] Thésée soumettait la fière Amazone »[17]. Elle accuse « l'ignorance des Turcs » qui « a substitué de mornes tableaux aux scènes brillantes de l'ancienne Grèce, dans ce temps où Athènes encourageait les héros et les sages »[18]. Lady Craven et, un siècle après, Elisabeth Grosvenor, regardent les ruines de Délos à travers les descriptions de Joseph Pitton de Tournefort dans sa Relation d'un voyage du Levant, publié en 1717. Il est évident qu'on peut évoquer dans les écrits de Craven, à la suite de Christine Montalbetti, un « complexe de Victor Bérard » qui consiste à s'imaginer dans un lieu aimé, déjà connu par des descriptions livresques ou artistiques et croire fréquenter les personnages de ces récits, tant fictionnels que réels[19]. Lady Craven a décrit des coutumes du peuple grec et consacré quelques pages aux femmes du pays. À l'encontre de Lady Mary Montagu qui, après avoir renversé beaucoup d'images stéréotypées à propos des femmes turques, admirait leur beauté[20] et voulait établir des liens de sympathie avec elles, Lady Craven décrit les Grecques avec une certaine distance : durant sa visite aux bains d'Athènes, elle garde ses propres vêtements et adopte ainsi un regard d'observatrice occidentale qui ne voudrait pas s'identifier aux femmes indigènes. Elle décrit avec mépris l'apparence des Athéniennes qu'elle observe nues dans les bains d'Athènes, ceux-ci étant « excellents pour guérir les rhumatismes ». Ainsi, bien que ces femmes « mettent beaucoup d'art et de coquetterie dans leur manière de s'habiller », elles sont laides et grasses : « je ne crois pas avoir jamais vu tant de femmes grasses ensemble, ni même d'aussi grasses que celles-là », « peu de ces femmes avaient la peau délicate »[21]. Son approche était plutôt une approche d'objectification que d'identification et c'est à ce point qu'elle rejoint le regard de ses homologues voyageurs en Orient.

Bien que les voyageuses du XVIIIe siècle acceptent souvent les stéréotypes des voyageurs en s'éloignant assez rarement du canon, les voyageuses victoriennes et édouardiennes se sont montrées de véritables « exploratrices sociales », moins enfermées dans un ethnocentrisme bien renforcé par la Métropole. Les femmes commencent à voyager au 19e siècle à cause de nombreuses raisons personnelles et politiques : accompagner leur mari dans des missions, satisfaire le goût de l'exotique, fuir l'oppression de leur genre dans la société puritaine victorienne[22]. Le XIXe siècle était pour le Royaume Uni la période du 'grand impérialisme', le colonialisme britannique étant à son apogée. Vers la fin du siècle le tourisme a commencé à prendre de l'importance et beaucoup de Guides Touristiques sur la Grèce ont été publiés - les guides Murray & Baedeker, Leake et Wordsworth sont souvent mentionnés par les voyageuses. Robert Eisner remarque l'absence d'un grand corpus d'impressions de voyage en Grèce écrits à cette époque car les Britanniques préféraient des lieux plus exotiques[23]. Pourtant des nombreuses femmes ont voyagé dans le pays tant dans ses parties libres que dans ses parties encore sous l'occupation ottomane, comme la Macédoine, la Thessalie, la Thrace, des régions qui ont rejoint plus tard le nouvel état grec. Contrairement aux stéréotypes des femmes victoriennes de moyenne classe enfermées dans leur maison - voire l'image bien connu « Angel in the house » et « la théorie des sphères » de Ruskin - , les voyageuses en Orient qui appartenaient, d'après Sara Mills, dans leur grande majorité à la classe moyenne, ont fuit l'oppression causée par leur genre et ont écrit et publié avec succès leurs impressions de voyage. Dans le cadre d'une exploration culturelle, les voyageuses britanniques de l'époque ont montré un grand intérêt pour les moeurs et les coutumes du peuple grec. Elles font de longues descriptions des hommes et des femmes ainsi que de leurs vetêments, leurs habitudes gastronomiques, leurs cérémonies, leurs danses. Pendant sa croisière en Grèce en 1840, Elisabeth Mary Grosvenor trouve les Grecs « beaux et pittoresques[...] habillés dans leurs costumes nationaux »[24] ; Isabel Amstrong dans son ouvrage Two Roving Englishwomen in Greece (1893) décrit minutieusement le costume national porté par les hommes dans la province qui les trouve très beaux ; avec sa consoeur de voyage, elle a visité la Péloponnèse et la Thessalie et décrit des coutumes de leurs habitants, leur hospitalité et leur générosité. Fanny Janet Blunt dans son ouvrage The People of Turkey (1878) transcrit en détail les expériences de son séjour dans les régions de Thrace et de Macédoine ; après avoir donné en détail la description de la « physionomie et du caractère du Grec », elle transcrit sur papier tous les étapes d'un mariage grec et d'une cérémonie de funérailles ; elle insiste plus que d'autres voyageuses sur la question de l'éducation des jeunes Grecs, jadis effectuée le plus souvent par les prêtres orthodoxes. Toutes les voyageuses accusent l'occupation ottomane de tout préjudice, manque de vertu et mauvaise intension rencontrées chez les Grecs. Agnes Lewis Smith dans Glimpses of Greek Life and Scenary, publié en 1884, après son deuxième voyage en Grèce[25], décrit la surprise qu'ont éprouvée, elle et ses compatriotes, en regardant le dur travail des femmes dans les champs. Smith remarque que les femmes en Grèce « ont besoin de plus de liberté » et de plus d' «émancipation par rapport aux coutumes turques »[26] et les incitent à imiter leurs soeurs anglaises et à faire des sports en plein air »[27]. Le nationalisme de l'écossaise Smith est lié ici à un féminisme dicté par un esprit de patronage. Dans sa sortie par la Métropole, chaque voyageuse amène avec elle son vécu, ses principes et son idéologie qui dictent, en grande partie, ses attitudes[28] ; les comparaisons entre son propre pays et la Grèce reviennent constamment.  Même les images les plus positives sur le pays et ses habitants n'arrivent pas à perturber la puissance de l'Orientalisme évoqué dans l'approche de l'Autre culturel.

À travers les rencontres avec les femmes du pays et leurs discussions, les voyageuses se sentent plus émancipées et libres. Elles insistent à tout moment de rappeler à leurs lecteurs que voyager seules était une incitation pour elles et qu'elles se sont débrouillés parfaitement. Cette insistance à agir hors commun renforce leur identité de genre ; comme Lady Mary Montagu soulignait à de nombreuses reprises qu'elle était la première femme à avoir libre accès aux harems, Lady Craven remarque avec fierté que, avant elle, « jamais femme n'était descendue dans la grotte d'Antiparos »[29]. « Nous sommes flattées d'avoir montré que toute femme [...] pouvait entreprendre ce voyage facilement » écrit Amstrong à la fin de ses impressions de voyage[30]. « Nous sommes toutes non mariées » répond Smith à une Grecque qui lui avait demandé où sont leurs maris. « Je me suis sentie comme si j'avais fait le premier pas en incitant cette femme à penser qu'il est possible pour une femme de faire quelque chose pour elle-même »[31].

Smith se présente elle-même comme philhellène, en glorifiant le passé antique de la Grèce ; mais elle n'est pas tournée vers le passé, elle s'intéresse aussi à la vie politique contemporaine : elle parle d'une façon favorable de la Grande Idée qui régnait dans la vie politique grecque à l'époque - et qui constituait une forme d'irrédentisme de l'état hellénique, celui-ci voulant réunir tous les Grecs des Balkans dans un seul état ayant comme capitale Constantinople. Ce « dessin ambitieux » va aider la nation grecque à retrouver sa gloire perdue; la Grèce serait alors le seul espoir pour aider à la régénération et la renaissance de « toutes les nationalités qui composent l'Empire ottoman »[32]. Elle souhaite voir les Grecs devenir « les Anglais de l'Est », puisqu' « ils partagent le même amour pour la liberté et l'ordre et ils possèdent la même esprit d'entreprise »[33].

Agnes Smith, sans s'assimiler au modèle impérialiste de son pays, adopte une attitude protectionniste par rapport au « small nation » qui était la Grèce à l'époque. Les femmes, ayant vécu profondément la discrimination basée sur la différence genrée, s'opposent plus facilement aux excès de l'hégémonie impérialiste et se montrent plus proches des populations indigènes. Cependant, l'interaction entre le genre, la classe et la nation aboutit à une grande complexité de thèses et d'attitudes. L'accès différent des femmes aux positions du discours colonisateur, produit, d'après Reina Lewis, « un regard différent sur l'Orient et l''Autre' orientalisé, moins péjoratif et moins absolu de celui évoqué par Saïd »[34]. Les récentes études féministes et postcoloniales mettent l'accent sur le concept d'ambivalence et explorent les attitudes de complicité et de résistance des femmes envers l'impérialisme et le discours hégémonique. C'est dans cette perspective que les voyageuses britanniques en Grèce, grâce à leur expérience de voyage, ont revêtu plusieurs identités : la voix coloniale rencontre la voix féministe et la voix philhellène, les rôles traditionnels de genre coexistent avec les rôles innovateurs, situés en dehors du canon.

Vassiliki Lalagianni


  1. ^ Voir les travaux publiés par Melman, Mills, Grewal, Lewis, etc.
  2. ^ Billie Melman, Women's Orients : English Women and the Middle East, 1718-1918,London, Macmillan, 1995, p.3. Tous les textes anglais sont traduits par nous, sauf indication contraire.
  3. ^ Sur ce sujet voir le chapitre II de l'étude de Olga Augustinos, French Odysseys : Greece in French Travel Literature from Rainaissance to the Romantic Era, Baltimore, The Johns Hopkins University Press, 1994.
  4. ^ Artemis Leontis, Topographies of Hellenism : Mapping the Homeland, Ithaca, NY, Cornell University Press, 1995.
  5. ^ Sara Mills, Discousre of Difference : An Analysis of Women's Travel Writing and Colonisation, London/NY, Routledge, 1991, p. 63.
  6. ^ Bénédicte Monicat, Itinéraires de l'écriture au féminin. Voyageuses du 19e siècle, Amsterdam, Rodopi, 1996, p. 32.
  7. ^ Shirley Foster, Across New Worlds : Nineteenth-Century Women Travellers and their Writings,London/NY, Harvester Wheatsheaf, 1990, p. 23.
  8. ^ Inderpal Grewal, Home and Harem : Nation Gender, Empire, and the Cultures of Travel, London, Leicester University Press, 1996, p.10.
  9. ^ Mary Louise Pratt, Imperial Eyes : Travel Writing and Transculturation, London, Routledge, 1992.
  10. ^ Sarga Moussa, La Relation Orientale. Enquête sur la communication dans les récits de voyage en Orient (1811-1861), Paris, Klincksieck, 1995, p.178.
  11. ^ The Letters and Works of Lady Mary Wortley Montagu, Lord Wharnliffe and W. Moy Thomas, editors, London, Henri G. Bohn, 1861.
  12. ^ Le même problème existe aussi pour les autres régions de la péninsule balkanique à cette période, voir Stevant K. Pavlowitch, « Early Nineteenth-Century Serbia in the Eyes of British Travelers », Slavic Review, 21/2, 1962, pp. 322-329.
  13. ^ Mateї Cazacu, Des femmes sur les routes de l'Orient. Le voyage à Constantinople au XIX siècle, Genève, georg éditeur, 1999, p. 58.
  14. ^ Barbara Hodgson, Les aventurieres, XVIIe-XIXe siecle. Recits de femmes voyageuses, traduit de l'anglais par M.Albert & C.Gerfaut, Paris, Seuil, 2002
  15. ^ Elisabeth Craven, Voyage de Milady Craven à Constantinople par la Crimée en 1786, trad. de l'anglais par M.D.***, Paris, Nouvelle Édition, 1792, Lettre LIII, p. 263.
  16. ^ Idem, Lettre LVI, p. 286.
  17. ^ Idem, Lettre LVI, p. 288.
  18. ^ Idem, Lettre LVI, p. 277. « Nous revînmes donc chez le consul, outrés de l'injustice et de l'ignorance des Turcs, qui n'ont pas la plus légère idée des trésors précieux qu'ils possèdent et qui les détruisent follement en toute occasion... » (Lettre LV, p. 279).
  19. ^ « Les lieux n'existent pas seulement en soi, mais ils sont redoublés par la présence des [ces] descriptions [...] Les lieux parcourus prennent une autre saveur lorsqu'ils sont recensés sur les traces de quelque célèbre voyageur qui les a précédemment décrit » écrit Odile Gannier dans son livre La littérature de voyage, Paris, ellipses, 2001, p. 31.
  20. ^ Meyda Yeğeneğlu dans son ouvrage Colonial Fantaisies. Towards a feminist reading of Orientalism (Cambridge University Press, 1998) affirme que  Montagu adoptait un regard masculin qui objectifiait la femme et son corps: « Lorsqu'elle considère la femme comme Autre, c'est à dire, celle-ci faisant partie d'une autre culture, le regard de Montagu devient un regard masculin. Elle adopte une position masculine, phallique [...] inévitable position que toutes les voyageuses occupent vis-à-vis de l'Orient et de ses femmes » (p.91).
  21. ^ Elisabeth Craven, Voyage de Milady Craven à Constantinople par la Crimée en 1786, op.cit, Lettre LVI, p. 285.
  22. ^ Catherine Stevenson Barnes, Victorian Women Travel Writers in Africa, Boston, Twayne Publishers, 1982, p.2.
  23. ^ Robert Eisner, Travelers to the Antique Land: The History and Literature of Travel to Greece, Ann Arbor, The University of Michigan Press, 1984, vol.2, p. 228.
  24. ^ Elisabeth Mary Grosvenor, Narrative of a Yacht Voyage in the Mediteranean, London, John Murray, 1842, pp. 160-161.
  25. ^ Son premier voyage fut réalisé en 1883, vers Jérusalem et d'autres régions de l'Asie proche, avec la compagnie de sa soeur et d'une amie ; elle a publié l'ouvrage Eastern Pilgrims : the Travels of Three Ladies (1870). Sur le voyage d'Agnes Lewis Smith en Grèce, voir Efterpi Mitsi, « A Victorian Woman's 'Hellas' : Agnes Smith's Glimpses of Greek Life and Scenary», Agora. Revue d'études littéraires, dossier «Les Voyageuses» sous la dir. de Vassiliki Lalagianni, 5, 2003, pp. 77-90.
  26. ^ Agnes Lewis Smith, Glimpses of Greek Life and Scenary, London, Hurst & Blackett, 1884, p. 338.
  27. ^ Idem, p.340.
  28. ^ Edward Saїd souligne dans Culture and Imperialism : «[...] les auteurs ne sont pas mécaniquement déterminés par l'idéologie, la classe ou l'évolution économique ; ils sont surtout ancrés dans l'histoire de leur société, ils façonnent cette histoire et ils sont formés/modelés par elle, ainsi que par leur vécu social, à divers degrés/à différente mesure » (NY, Alfred A. Knopf, 1993, p. 25).
  29. ^ Elisabeth Craven, Voyage de Milady Craven à Constantinople par la Crimée en 1786, op.cit., Lettre LIV, p. 275.
  30. ^ Isabel Amstrong, Two Roving Englishwomen in Greece, London, Samson Low/Marston & Co, 1893, p. 295.
  31. ^ Agnes Lewis Smith, Glimpses of Greek Life and Scenary, op.cit., p. 202.
  32. ^ Idem, p.336. Voir aussi l'article de Efterpi Mitsi, « A Victorian Woman's 'Hellas' : Agnes Smith's Glimpses of Greek Life and Scenary», op.cit.
  33. ^ Idem.
  34. ^ Reina Lewis, Gendering Orientalism, Race, Femininitv and Representation, NY/London, Routledge, 1996, p.4.

Référence bibliographique:

Amstrong, Isabel, Two Roving Englishwomen in Greece, London, Samson Low/Marston & Co, 1893, p. 295.

Cazacu, Mateї, Des femmes sur les routes de l'Orient. Le voyage à Constantinople au XIX siècle, Genève, georg éditeur, 1999.

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Pour citer cet article:

Référence électronique
Vassiliki LALAGIANNI, « AU PAYS D'ULYSSE », Astrolabe [En ligne], Septembre / Octobre 2008 ITINÉRANCES FÉMININES, mis en ligne le 03/08/2018, URL : https://astrolabe.msh.uca.fr/septembre-octobre-2008-itinerances-feminines/dossier/au-pays-d-ulysse