GIOVANNI BATTISTA BELZONI

Astrolabe N° 15
CRLV – Université Paris-Sorbonne
Giovanni Battista Belzoni
Au Musée Archéologique de Bologne, la reconstruction du tombeau de Séthi Ier

GIOVANNI BATTISTA BELZONI
Au Musée Archéologique de Bologne, la reconstruction du tombeau de Séthi Ier

 

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Au Musée Archéologique de Bologne, est en cours l'exposition « Giovanni Battista Belzoni. Un Indiana Jones alla riscoperta dell'Egitto », commencée le 30 mai 2007, elle va continuer jusqu'à la fin de l'année (il n'y a pas de date précise de fermeture).

Giovanni Battista Belzoni était né à Padoue en 1778 mais il déménagea bientôt à Londres où il travailla dans les domaines les plus différents, au début dans le cirque, grâce à son physique (il mesurait plus de 2 m), puis comme ingénieur ; en cette qualité, il se rendit en Égypte pour essayer de vendre une pompe hydraulique au sultan. Ce dernier n'acheta pas la pompe, mais Belzoni fut conquit par le pays et il y resta pour quatre ans, pendant lesquels il découvrit l'entrée de la pyramide de Chéphren, le tombeau de Séthi Ier et il aida à ramener à la lumière le temple de Abu Simbel, caché par la sable depuis plusieurs siècles. Mais les honneurs et la gloire n'arrivèrent pas comme espéré, Belzoni était objet de jalousie et médisance de la part de la bonne société londonienne, aristocratique et académique. Sa mort fut spectaculaire comme sa vie : il tomba malade pendant son dernier voyage, sur la route des sources du Niger, à la recherche de la mythique ville de Tombouctou. Il fut enterré à l'ombre d'un grand arbre, près de Gwato en Afrique.

Une des découvertes les plus importantes de Belzoni fut donc le tombeau de Séthi Ier, dans la vallée des rois ; il y rentra après le 16 octobre 1817 et, avec son ami Alessandro Ricci, il décida de reproduire en dessin les décorations des murs. Enfin, comme le tombeau avait été profané dans l'antiquité, Belzoni en ramena ce qui restait à l'intérieur : un sarcophage en alabastre, d'autres fragments toujours en alabastre et sept cents petites statues funèbres en faïence et en bois. Tout de suite le tombeau devint une étape obligée pour tous les voyageurs et pour les égyptologues, comme Jean-François Champollion et Ippolito Rossellini, qui malheureusement en déplacèrent et en enlevèrent des morceaux ou des murs entiers, de telle sorte qu'aujourd'hui il n'est possible d'en reconstruire des parties que grâce aux dessins de Belzoni.

Quand en 1820 Belzoni rentra à Londres, il publia son récit de voyage et il commença à organiser une exposition qui ouvrit le 1er mai 1821, à l'Egyptian Hall : il reconstruit grandeur nature deux salles du tombeau de Séthi Ier, en reproduisant les peintures sur la base des modèles en cire et des dessins pris dans la vallée des rois. Il y avait en plus un petit modèle de tout le tombeau et un groupe d'objets retrouvés par Belzoni, mais l'effet était encore plus évocateur grâce aux lumières qui créaient une atmosphère d'ombre mystérieuse.

L'exposition « Giovanni Battista Belzoni. Un Indiana Jones alla riscoperta dell'Egitto » prend l'idée de l'exposition à l'Egyptian Hall de 1821 et reproduit, au Musée Archéologique de Bologne, une grande « boîte », qui présente à l'extérieur la reproduction de la façade de l'Egyptian Hall de Londres et à l'intérieur la reconstruction de la chambre sépulcrale du tombeau de Séthi Ier, réduite d'un tiers dans ses dimensions. Le Musée Civique et Archéologique de Bologne conserve la deuxième collection égyptienne plus importante d'Italie, après le Musée Égyptien de Turin, et la « boîte » se trouve à l'intérieur de l'exposition permanente, où, entre autres, sont conservées onze petites statues funèbres (une en faïence et les autres en bois), faisant partie des sept cents retrouvées par Belzoni. La reproduction des aquarelles de Belzoni est en version digitale, ce qui permet une grande fidélité dans l'image et dans les couleurs. La référence à Indiana Jones vient du fait que probablement Belzoni a été le personnage qui a indirectement inspiré Spielberg dans la création du personnage de Indiana Jones, même si cette indiscrétion n'a jamais été confirmée par le réalisateur américain.

La reproduction des dessins de Belzoni à Bologne s'insère dans un projet d'étude sur Belzoni, qui continue à Bristol, au City Museum & Art Gallery, dans l'exposition « In the Presence of Gods », ouverte du 7 juillet 2007 au 23 mars 2008, où on peux admirer une grande partie des quelques 300 aquarelles belzoniens, offerts en cadeau au musée par la veuve de l'explorateur, Sarah Banne.

 Alessandra Grillo
 

Références sur l'exposition

« Giovanni Battista Belzoni. Un Indiana Jones alla riscoperta dell'Egitto »
Bologna, Museo Civico Archeologico, Via dell'Archiginnasio, 2
À partir du 30 mai 2007
Horaires : mardi - samedi : 9h - 15h, dimanche : 10h - 18h30, fermé le lundi
Site web : www.comune.bologna.it/museoarcheologico et www.biografilm.it
Contacts - tél. : +39 051 2757211 ; fax : +39 051 266516 ; email : mca@comune.bologna.it
 
« In the Presence of Gods »
Bristol, City Museum & Art Gallery, Queen's Road
Du 7 juillet 2007 au 23 mars 2008
Horaires : lundi - dimanche : 10h - 17h
Site web : http://www.bristol.gov.uk/ccm/content/Leisure-Culture/Museums-Galleries/bristols-city-museum---art-gallery.en
Contacts - tél. : +44 117 922 3571 ; fax : +44 117 922 2047 ; email : general.museum@bristol.gov.uk

Pour citer cet article:

Référence électronique
Alessandra GRILLO, « GIOVANNI BATTISTA BELZONI », Astrolabe [En ligne], Septembre / Octobre 2007, mis en ligne le 29/07/2018, URL : https://astrolabe.msh.uca.fr/septembre-octobre-2007/dossier/giovanni-battista-belzoni