Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne, en partenariat avec Aix Marseille Université). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais du site du CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 15

Quand on cite le mot « pèlerinage », on pense immédiatement au pèlerinage en Terre Sainte ; on pense peut-être au pèlerinage sur le tombeau des apôtres, au chemin de Canterbury et à celui de Compostelle. La littérature (et non seulement celle de voyage) du Moyen Âge et du début de l'âge moderne nous fait penser surtout à un domaine religieux, mais les hommes de lettres et de sciences du XVe siècle, de l'âge des Lumières et du romantisme nous font réfléchir sur un pèlerinage littéraire, culturel, par exemple sur le tombeau des « grands hommes » : voyons les étapes des voyageurs dans le cimetière du Verano à Rome, dans l'église de Sainte Croix à Florence avec ses « Sepolcri », dont Ugo Foscolo est le chanteur. Il reste aujourd'hui le sens du pèlerinage comme hommage à certains lieux, soit de grande souffrance, comme Ground Zero, Auschwitz ou Dachau, soit devenus tristement célèbres au niveau de la chronique (et je pense aux soi-disant « pèlerins de la flamme d'or » sur le Pont de l'Alma) ; il faut remarquer, par contre, l'aspect de consommation qu'il y a dans d'autres lieux, desquels le « touriste » ne ramène pas un récit de voyage, mais une photographie, dans lesquels il ne laisse pas de signe d'hommage, mais une bise sur la pierre tombal d'Oscar Wilde.

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 14

Astrolabe, la revue en ligne du CRLV, peut désormais se lire les yeux fermés. Au sommaire, en effet, deux comptes rendus d'ouvrages sous forme d'enregistrements sonores réalisés lors du dernier festival Etonnants Voyageurs. Ces quelques paroles glanées au cours de lectures ou de discussions publiques s'ajoutent aux autres articles scientifiques publiés dans ce numéro pour former ce qui serait idéalement comme une chambre d'échos. Echos des paroles d'écrivains, d'éditeurs, mais aussi de chercheurs, bref de tous ceux qui ont en partage la passion des lettres, de leur écriture comme de leur lecture.
Ces paroles ne nous invitent-elles pas à retrouver ce plaisir très ancien dont l'Odyssée, le premier des récits de voyage, parlait déjà : le plaisir de la conversation et de la déclamation, ces lieux où s'éprouve naturellement la puissance du langage, où se confondent le conteur et le personnage, la réalité et la fiction. Soyons comme le roi Alcinoüs devant l'aède, réjouissons-nous d'écouter « un homme qui connaît bien la cithare et le chant », « la nuit est encore bien longue, et l'heure du sommeil n'est point arrivée. Continue donc à nous raconter tes histoires merveilleuses. J'attendrai même le retour de la divine Aurore » (Odyssée, Chant XI).

Jean-François Guennoc

Astrolabe N° 13

Le voyageur, figure mythique du présent et du passé, réel ou imaginaire fait toujours parler de lui. Entourée de charme et de mystère il ne cesse d'être source de légendes. Ce numéro de la revue Astrolabe présente l'image de quatre protagonistes de l'histoire du voyage : Victor Hugo, Pierre Savorgnan de Brazza, Henry Morton Stanley et Corto Maltese. Du célèbre écrivain, du journaliste à l'aventurier ces figures se croisent entre réel, imaginaire, imaginé et imagé. Ces figures continuent à faire la une de la presse et de l'édition ; en témoignent la récente édition des voyages de Victor Hugo chez Hachette. Corto Maltese semble connaître un intérêt croissant allant de la presse aux médias. Le magazine Lire consacre ce mois-ci à Corto Maltese et à son créateur Hugo Pratt une série d'articles. Un des documentaires de l'émission Le dessous des cartes propose de reparcourir l'un des voyages de ce mystérieux personnage. Notre séminaire, sur les traces des voyageurs, le voit encore une fois protagoniste de l'une de nos séances. Les études sur les voyageurs et leurs voyages continuent à se multiplier, elles invitent de nouveaux voyageurs au voyage et ne cessent de nous passionner.

Tania Manca

Astrolabe N° 12

Dans le concert électoral des proclamations, des revendications et des pétitions, la littérature est souvent réduite au seul droit de citation. Simple ornement du discours, caution culturelle du tribun, elle peine à faire entendre sa voix, à se faire élire (nostalgie de la lecture isoloir d'une retraite silencieuse).

Astrolabe N° 11

Etablir clairement la part de subjectivité et d'objectivité dans les récits de voyage constitue l'un des éléments incontournables de l'activité du chercheur qui travaillent dans ce domaine. Ce sujet ancien a souvent impliqué aussi l'analyse des images contenues dans les récits de voyage, soient-elles des gravures, des photographies ou bien des cartes. Lors du séminaire du CRLV de l'année dernière, consacré au thème 'Journalisme et relation de voyage au tournant des XIXe et XXe siècles', ce thème a été longuement analysé. Si les gravures représentent un élément à l'apparence plus simple à étudier du point de vue de la fiction/réalité, les photographies semblaient poser problème. Cet art, à ses débuts, se voulait en effet objectif car il restituait les images de la réalité telle quelle. Toutefois l'élément du subjectif qui tient à l'auteur, au photographe et aux choix personnels enlève toute objectivité à ce 'témoignage de la réalité'. En effet, déjà depuis ses débuts, se pratiquent les réélaborations des photographies (retouches, découpes, etc.) ainsi que les reconstructions artificielles des décors dans les cabinets des photographes. Qu'en est-il des cartes géographiques ? Ce type de représentation de l'espace mérite aussi d'être analysé par rapport aux paramètres de l'objectif et du subjectif. Quel est le choix de représentation du cartographe ? Quels éléments décide-t-il de cacher, de modifier ou de représenter ? Par rapport à quelles exigences choisit-il un type de représentation donné ? Quel est le sens de ces 'vides' ou de ces dessins qui remplissent les vides mêmes ? Notre avis est que les sujets représentés dans les gravures, dans les cartes ou bien dans les photographies, soient-ils des éléments véridiques ou de fictions ont leur utilité dans la reconstruction d'un parcours historique. Le 17 et 18 mars prochains, les chercheurs faisant partie du projet européen 'Europe's Visual Memory' se proposent en effet de comprendre quels sont les pièges à éviter dans l'interprétation historique des images contenues dans les récits de voyage.

Tania Manca

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