Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne, en partenariat avec Aix Marseille Université). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais du site du CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 20

Une tribu oubliée dans la forêt amazonienne, vierge de civilisation, épargnée par elle, mais observée par tout un monde depuis le ciel dont nous avons la maîtrise et cernée par des téléobjectifs plus précis que ces flèches devenues inoffensives.
Voilà l'image qui nous atteint et avec elle un souvenir, celui de la « Leçon d'écriture » de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques: « L'emploi de l'écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l'autre ».
Ne pouvons-nous pas désormais dire de même de l'image ? Ces photographies captivent, elles rafraîchissent notre mémoire, réveillent notre conscience, nous plongent dans ce que nous ne sommes pas, ou plus - mais l'avons-nous jamais été ? - ce qu'assurément nous ne saurions plus être et qui nous fait pourtant face.
Est-ce du regret, la nostalgie d'un paradis perdu ? L'idée du paradis a elle-même bien vécue. Reste donc la perte qui tente toujours, et ces images comme des vanités. Un monde perdu dans la forêt.

Jean-François Guennoc

Lien vers les photographies

Astrolabe N° 19

Le voyageur est-il un homme apatride, un citoyen du monde, un individu qui n'appartient plus à son pays ni aux pays qu'il visite? Quoi qu'il en soit, le voyageur soit-il un homme du passé ou du présent est une figure complexe et souvent insaisissable. D'après les nombreux récits de voyage l'homme qui part et l'homme qui revient n'est plus la même personne. L'apprentissage du monde, du nouveau et de l'autre constitue une partie des éléments du renouveau. Le voyage est donc vecteur de changements, comme en témoignent aussi les voyages de formation et les voyages initiatiques. Les récits de voyages deviennent ainsi le réceptacle de la métamorphose du voyageur.

Tania Manca

Astrolabe N° 18

Au cours de ces deux ans de vie, Astrolabe s'est souvent occupé de « livres de voyage », en nous faisant voyager à travers les mots d'autres personnes. Pourquoi ne pas, pour une fois, parler de « livres en voyage » ? En 1996, trois chameaux ont parcouru pour la première fois la région nord orientale du Kenya, chargés de livres à amener aux tribus nomades. « Si les villageois ne peuvent pas aller à la bibliothèque, ce sera à la bibliothèque d'aller chez les villageois » : voilà la pensée du bibliothécaire de Garissa, Wycliffe Oluoch, qui a fait naître le projet de la Mobile Camel Library. Dans son récent roman The Camel Bookmobile, Masha Hamilton a permis au grand public de découvrir ce précieux travail de diffusion de la culture dans le milieu du désert, où les personnes n'ont pas seulement soif d'eau, mais aussi d'apprendre et de communiquer.
http://www.mashahamilton.com/

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 17

Ettore Sottsass est mort, le 31 décembre 2007. Il était l'auteur du Regard nomade, un architecte célèbre et un grand voyageur.

Tout est dans la coordination.

Ce banal outil de conjonction n'a, en effet, rien d'évident. Nombreux sont les hommes qui se déplacent, qui vont et viennent de par le monde. Plus rares sont ceux qui voyagent réellement. Chez eux, le transport échappe à la circonstance pour devenir figure, forme, signe. En un mot il trouve un sens dans ce mouvement allégorique. Cela n'a rien à voir avec la verroterie des choses vues et le patrimoine des impressions. Le voyage, chez Sottsass, a nourri son univers de structures et d'objets. Entre l'expérience du monde et la création, il y eut un geste véritable de coordination et d'incarnation : un usage.

Comme en hommage, ce numéro fait la part belle à ces hommes qui par aventure, par métier ou par occasion se sont faits voyageurs et ont affrontés à leur tour cette question de liaison entre la vie, l'art ou la science. Il s'ouvre sur une galerie d'hommes illustres (Ernest Chantre, Eduard Otto, Henry Russell) dont la célébrité, véritable, n'est guère commune.

Jean-François Guennoc

Astrolabe N° 16

Le congrès Borders & Crossings / Seuils et Traverses / Confini e Crocevia, a vu cette année sa septième édition en Italie, organisé sous l'égide du CRLV, après avoir fait le tour de l'Europe. En 2008, ce 'congrès voyageur' s'apprête à fêter son dixième anniversaire aux antipodes de l'Europe, à Melbourne, en Australie. Son succès à niveau international et sa qualité connaissent une remarquable croissance. L'objectif de proposer, lors de ses rencontres, un état des lieux de la recherche sur le domaine des études du voyage évolue sous le signe de la continuité. La diffusion de la recherche et des débats enrichissants qu'elle suscite sont garantis par la publication des actes que pour cette septième édition paraîtront en fin 2008 . Dens le n°16 de la revue Astrolabe nous proposons un dossier concernant ce congrès à vocation comparatiste multilingue et pluridisciplinaire.

Tania Manca

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