Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne, en partenariat avec Aix Marseille Université). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais du site du CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 18

Au cours de ces deux ans de vie, Astrolabe s'est souvent occupé de « livres de voyage », en nous faisant voyager à travers les mots d'autres personnes. Pourquoi ne pas, pour une fois, parler de « livres en voyage » ? En 1996, trois chameaux ont parcouru pour la première fois la région nord orientale du Kenya, chargés de livres à amener aux tribus nomades. « Si les villageois ne peuvent pas aller à la bibliothèque, ce sera à la bibliothèque d'aller chez les villageois » : voilà la pensée du bibliothécaire de Garissa, Wycliffe Oluoch, qui a fait naître le projet de la Mobile Camel Library. Dans son récent roman The Camel Bookmobile, Masha Hamilton a permis au grand public de découvrir ce précieux travail de diffusion de la culture dans le milieu du désert, où les personnes n'ont pas seulement soif d'eau, mais aussi d'apprendre et de communiquer.
http://www.mashahamilton.com/

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 17

Ettore Sottsass est mort, le 31 décembre 2007. Il était l'auteur du Regard nomade, un architecte célèbre et un grand voyageur.

Tout est dans la coordination.

Ce banal outil de conjonction n'a, en effet, rien d'évident. Nombreux sont les hommes qui se déplacent, qui vont et viennent de par le monde. Plus rares sont ceux qui voyagent réellement. Chez eux, le transport échappe à la circonstance pour devenir figure, forme, signe. En un mot il trouve un sens dans ce mouvement allégorique. Cela n'a rien à voir avec la verroterie des choses vues et le patrimoine des impressions. Le voyage, chez Sottsass, a nourri son univers de structures et d'objets. Entre l'expérience du monde et la création, il y eut un geste véritable de coordination et d'incarnation : un usage.

Comme en hommage, ce numéro fait la part belle à ces hommes qui par aventure, par métier ou par occasion se sont faits voyageurs et ont affrontés à leur tour cette question de liaison entre la vie, l'art ou la science. Il s'ouvre sur une galerie d'hommes illustres (Ernest Chantre, Eduard Otto, Henry Russell) dont la célébrité, véritable, n'est guère commune.

Jean-François Guennoc

Astrolabe N° 16

Le congrès Borders & Crossings / Seuils et Traverses / Confini e Crocevia, a vu cette année sa septième édition en Italie, organisé sous l'égide du CRLV, après avoir fait le tour de l'Europe. En 2008, ce 'congrès voyageur' s'apprête à fêter son dixième anniversaire aux antipodes de l'Europe, à Melbourne, en Australie. Son succès à niveau international et sa qualité connaissent une remarquable croissance. L'objectif de proposer, lors de ses rencontres, un état des lieux de la recherche sur le domaine des études du voyage évolue sous le signe de la continuité. La diffusion de la recherche et des débats enrichissants qu'elle suscite sont garantis par la publication des actes que pour cette septième édition paraîtront en fin 2008 . Dens le n°16 de la revue Astrolabe nous proposons un dossier concernant ce congrès à vocation comparatiste multilingue et pluridisciplinaire.

Tania Manca

Astrolabe N° 15

Quand on cite le mot « pèlerinage », on pense immédiatement au pèlerinage en Terre Sainte ; on pense peut-être au pèlerinage sur le tombeau des apôtres, au chemin de Canterbury et à celui de Compostelle. La littérature (et non seulement celle de voyage) du Moyen Âge et du début de l'âge moderne nous fait penser surtout à un domaine religieux, mais les hommes de lettres et de sciences du XVe siècle, de l'âge des Lumières et du romantisme nous font réfléchir sur un pèlerinage littéraire, culturel, par exemple sur le tombeau des « grands hommes » : voyons les étapes des voyageurs dans le cimetière du Verano à Rome, dans l'église de Sainte Croix à Florence avec ses « Sepolcri », dont Ugo Foscolo est le chanteur. Il reste aujourd'hui le sens du pèlerinage comme hommage à certains lieux, soit de grande souffrance, comme Ground Zero, Auschwitz ou Dachau, soit devenus tristement célèbres au niveau de la chronique (et je pense aux soi-disant « pèlerins de la flamme d'or » sur le Pont de l'Alma) ; il faut remarquer, par contre, l'aspect de consommation qu'il y a dans d'autres lieux, desquels le « touriste » ne ramène pas un récit de voyage, mais une photographie, dans lesquels il ne laisse pas de signe d'hommage, mais une bise sur la pierre tombal d'Oscar Wilde.

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 14

Astrolabe, la revue en ligne du CRLV, peut désormais se lire les yeux fermés. Au sommaire, en effet, deux comptes rendus d'ouvrages sous forme d'enregistrements sonores réalisés lors du dernier festival Etonnants Voyageurs. Ces quelques paroles glanées au cours de lectures ou de discussions publiques s'ajoutent aux autres articles scientifiques publiés dans ce numéro pour former ce qui serait idéalement comme une chambre d'échos. Echos des paroles d'écrivains, d'éditeurs, mais aussi de chercheurs, bref de tous ceux qui ont en partage la passion des lettres, de leur écriture comme de leur lecture.
Ces paroles ne nous invitent-elles pas à retrouver ce plaisir très ancien dont l'Odyssée, le premier des récits de voyage, parlait déjà : le plaisir de la conversation et de la déclamation, ces lieux où s'éprouve naturellement la puissance du langage, où se confondent le conteur et le personnage, la réalité et la fiction. Soyons comme le roi Alcinoüs devant l'aède, réjouissons-nous d'écouter « un homme qui connaît bien la cithare et le chant », « la nuit est encore bien longue, et l'heure du sommeil n'est point arrivée. Continue donc à nous raconter tes histoires merveilleuses. J'attendrai même le retour de la divine Aurore » (Odyssée, Chant XI).

Jean-François Guennoc

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