Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne, en partenariat avec Aix Marseille Université). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais du site du CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 23

Le voyage a bonne presse, le mot-clef est devenu un sésame dans « le langage des communicants ». Christophe Colomb n'aurait plus besoin de faire miroiter son Eldorado pour obtenir des subsides, le seul mot de traversée suffirait. Mais cette bonne fortune ne se fait-elle pas au risque d'une certaine dévaluation linguistique ? Ne sommes-nous pas en train d'assister à la catachrèse du mot voyage ? Car ce qui est célébré est la capacité de déplacement, la vitesse, la prouesse technique, en dehors de la difficulté, de la lenteur, du malentendu, de l'échec qui étaient autant d'étapes, de stations pour atteindre finalement à la connaissance. Doit-on dès lors en appeler à une réaction sédentaire ? Revenir plutôt au propos critique de Gilles Deleuze pour qui le voyage est « de la rupture à bon marché » et qui ayant imaginé le concept du nomadisme précise aussitôt : « les nomades ne voyagent pas, ils sont immobiles, ils s'accrochent à leur terre, c'est à force de vouloir rester sur leur terre qu'ils nomadisent ». A méditer.

Jean-François Guennoc

Astrolabe N° 22

L'information aujourd'hui se sert de plus en plus des voies électroniques pour voyager. L'éther est son espace, son lieu de déplacement. Il est vrai que le monde d'internet, le monde digital sont aujourd'hui une source précieuse pour le chercheur. Les sciences humaines trouvent dans cet espace toute leur place et ont contribué depuis le tout début à nourrir cette Bibliothèque virtuelle. L'état de ce développement est étudié par plusieurs Centres de recherche et diverses structures, entre autre par le tout récent DHO (Digital Humanities Observatory), né en Irlande en 2007. Le domaine du voyage a contribué largement à l'enrichissement de la Bibliothèque virtuelle ; nous proposons dans notre rubrique Liens un petit échantillon de sites consacrés au voyage et qui se servent du net pour enrichir, échanger, faire voyager le voyage.

Tania Manca

Astrolabe N° 21

La revue Astrolabe a le grand plaisir de présenter son premier numéro spécial, Itinérances féminines, dédié aux femmes et aux voyages au féminin. Pour un sujet si vaste, il faut forcément choisir des pistes de travail, car il serait impossible de faire la lumière sur toute la littérature viatique féminine. Avec Efstratia Oktapoda, qui a collaboré à l'édition de ce numéro, on espère donc de faire voyager les lecteurs aux quatre coins du monde, de l'Arctique à l'Égypte, de la Grèce à l'Inde, avec une longue section dédiée au voyage en Orient, aux époques moderne et contemporaine, en compagnie de voyageuses notamment anglaises, françaises, américaines et suisses. Le numéro présente en particulier un ensemble d'articles sur un des voyages les plus célèbres du panorama féminin, l'itinéraire en Afghanistan d'Ella Maillart et d'Annemarie Schwarzenbach. Les études comparées qui caractérisent Astrolabe se reconnaissent encore une fois dans la volonté de présenter au public des études non seulement vouées à la littérature de voyage, mais aussi au voyage en littérature, en quête de nouveaux chemins de recherche, pour découvrir des voyageuses inconnues et pour redécouvrir des femmes célèbres, consacrées désormais à l'Olympe des « Itinérances féminines ».

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 20

Une tribu oubliée dans la forêt amazonienne, vierge de civilisation, épargnée par elle, mais observée par tout un monde depuis le ciel dont nous avons la maîtrise et cernée par des téléobjectifs plus précis que ces flèches devenues inoffensives.
Voilà l'image qui nous atteint et avec elle un souvenir, celui de la « Leçon d'écriture » de Claude Lévi-Strauss dans Tristes tropiques: « L'emploi de l'écriture à des fins désintéressées, en vue de tirer des satisfactions intellectuelles et esthétiques, est un résultat secondaire, si même il ne se réduit pas le plus souvent à un moyen pour renforcer, justifier ou dissimuler l'autre ».
Ne pouvons-nous pas désormais dire de même de l'image ? Ces photographies captivent, elles rafraîchissent notre mémoire, réveillent notre conscience, nous plongent dans ce que nous ne sommes pas, ou plus - mais l'avons-nous jamais été ? - ce qu'assurément nous ne saurions plus être et qui nous fait pourtant face.
Est-ce du regret, la nostalgie d'un paradis perdu ? L'idée du paradis a elle-même bien vécue. Reste donc la perte qui tente toujours, et ces images comme des vanités. Un monde perdu dans la forêt.

Jean-François Guennoc

Lien vers les photographies

Astrolabe N° 19

Le voyageur est-il un homme apatride, un citoyen du monde, un individu qui n'appartient plus à son pays ni aux pays qu'il visite? Quoi qu'il en soit, le voyageur soit-il un homme du passé ou du présent est une figure complexe et souvent insaisissable. D'après les nombreux récits de voyage l'homme qui part et l'homme qui revient n'est plus la même personne. L'apprentissage du monde, du nouveau et de l'autre constitue une partie des éléments du renouveau. Le voyage est donc vecteur de changements, comme en témoignent aussi les voyages de formation et les voyages initiatiques. Les récits de voyages deviennent ainsi le réceptacle de la métamorphose du voyageur.

Tania Manca

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