Astrolabe est une publication en ligne du Centre de Recherches sur les Littératures de Voyage (CRLV, domicilié à l'Université de Clermont Auvergne, en partenariat avec Aix Marseille Université). Elle constitue l'un des éléments de la politique de publication du CRLV complémentaire de la revue électronique Viatica qui, de son côté, a pour objet l'exploration de nouveaux champs de la recherche dans le même domaine. Créée en 2005, Astrolabe accueillait des comptes rendus de lecture et des articles de chercheurs, en collectant des textes inédits avec la vocation de rendre compte de l'actualité de l'édition et des travaux consacrés au genre viatique. En 2020, Astrolabe devient un socle de publications en ligne pour étudiants (sélections de mémoires de masters, actes de Journées d'études de jeunes chercheurs, programmes d'agrégations liés aux voyages, etc.) et pour chercheurs (éditions critiques numériques, actes de colloques et de journées d'études mis rapidement en ligne, workshops, etc.). Les propositions de numéros sont adressées au comité d'Astrolabe par le biais du site du CRLV et via l'onglet « Contact ».

Astrolabe N° 25

« Les pirates de la mer continuent à frapper, 18 bateaux attaqués, 292 membres des équipages prix en otage et 63 enlevés avec demande de rançon ». Bateaux, pirates, captifs, rançon, armes a feux... Ce n'est pas une chronique d'il y a quelques siècles mais le contenu d'un quotidien européen du XXIe siècle qui, comme tant d'autres pendant ces dernières années relate d'une situation des mers que l'on croyait confinée aux siècles passés.

Tania Manca

Astrolabe N° 24

« Trois fois j'ai fait naufrage. Il m'est arrivé de passer un jour et une nuit dans l'abîme ! Voyages fréquents, dangers des rivières, dangers de brigands, dangers de ceux de ma race, dangers des nations, dangers à la ville, dangers au désert, dangers en mer, dangers parmi les faux frères ! Labeur et fatigue, veilles fréquentes, faim et soif, jeûnes répétés, froid et nudité ! » (Cor. 11, 25-26). Au cours des années de sa prédication, Saint Paul a été un grand voyageur, tout en parcourant de longues distances à pieds et en bateau, pendant ses trois voyages missionnaires, sans compter son dernier voyage, celui de la Captivité, vers Rome. D'Antioche à la Pamphile, de la Galatie à la Mysie et à la Grèce, Paul contribue à fixer l'image de l'homo viator, si important dans la culture chrétienne, l'homme en tant qu'étranger, voyageur sur la terre, soit en chemin vers la Jérusalem céleste, soit condamné à l'errance comme Caïn. Les voyages de Paul sont un des thèmes principaux de cette année paulinienne, auxquels plusieurs ouvrages et plusieurs sites sont dédiés, non seulement comme étude théologique, mais aussi comme esquisse historique et littéraire.

Alessandra Grillo

Astrolabe N° 23

Le voyage a bonne presse, le mot-clef est devenu un sésame dans « le langage des communicants ». Christophe Colomb n'aurait plus besoin de faire miroiter son Eldorado pour obtenir des subsides, le seul mot de traversée suffirait. Mais cette bonne fortune ne se fait-elle pas au risque d'une certaine dévaluation linguistique ? Ne sommes-nous pas en train d'assister à la catachrèse du mot voyage ? Car ce qui est célébré est la capacité de déplacement, la vitesse, la prouesse technique, en dehors de la difficulté, de la lenteur, du malentendu, de l'échec qui étaient autant d'étapes, de stations pour atteindre finalement à la connaissance. Doit-on dès lors en appeler à une réaction sédentaire ? Revenir plutôt au propos critique de Gilles Deleuze pour qui le voyage est « de la rupture à bon marché » et qui ayant imaginé le concept du nomadisme précise aussitôt : « les nomades ne voyagent pas, ils sont immobiles, ils s'accrochent à leur terre, c'est à force de vouloir rester sur leur terre qu'ils nomadisent ». A méditer.

Jean-François Guennoc

Astrolabe N° 22

L'information aujourd'hui se sert de plus en plus des voies électroniques pour voyager. L'éther est son espace, son lieu de déplacement. Il est vrai que le monde d'internet, le monde digital sont aujourd'hui une source précieuse pour le chercheur. Les sciences humaines trouvent dans cet espace toute leur place et ont contribué depuis le tout début à nourrir cette Bibliothèque virtuelle. L'état de ce développement est étudié par plusieurs Centres de recherche et diverses structures, entre autre par le tout récent DHO (Digital Humanities Observatory), né en Irlande en 2007. Le domaine du voyage a contribué largement à l'enrichissement de la Bibliothèque virtuelle ; nous proposons dans notre rubrique Liens un petit échantillon de sites consacrés au voyage et qui se servent du net pour enrichir, échanger, faire voyager le voyage.

Tania Manca

Astrolabe N° 21

La revue Astrolabe a le grand plaisir de présenter son premier numéro spécial, Itinérances féminines, dédié aux femmes et aux voyages au féminin. Pour un sujet si vaste, il faut forcément choisir des pistes de travail, car il serait impossible de faire la lumière sur toute la littérature viatique féminine. Avec Efstratia Oktapoda, qui a collaboré à l'édition de ce numéro, on espère donc de faire voyager les lecteurs aux quatre coins du monde, de l'Arctique à l'Égypte, de la Grèce à l'Inde, avec une longue section dédiée au voyage en Orient, aux époques moderne et contemporaine, en compagnie de voyageuses notamment anglaises, françaises, américaines et suisses. Le numéro présente en particulier un ensemble d'articles sur un des voyages les plus célèbres du panorama féminin, l'itinéraire en Afghanistan d'Ella Maillart et d'Annemarie Schwarzenbach. Les études comparées qui caractérisent Astrolabe se reconnaissent encore une fois dans la volonté de présenter au public des études non seulement vouées à la littérature de voyage, mais aussi au voyage en littérature, en quête de nouveaux chemins de recherche, pour découvrir des voyageuses inconnues et pour redécouvrir des femmes célèbres, consacrées désormais à l'Olympe des « Itinérances féminines ».

Alessandra Grillo

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