Astrolabe N° 50

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Dossier

La géographie, selon ce qui est parfois écrit rapidement, n'existe pas au Moyen Âge. Il est vrai qu'elle ne constitue pas une science à part entière, un domaine de savoir autonome et n'est pas répertoriée parmi les sciences du quadrivium ; elle n'est ni enseignée, ni clairement désignée. Mais elle est bel et bien pratiquée.

Emergences populaires et humanistes

Léonard Dauphant : De la géographie populaire aux premières chorographies françaises (XIIIe-XVIe siècles)

Nathalie Bouloux : Décrire le monde à l'âge de l'humanisme (XVe siècle, Italie-France-Allemagne)

Dans la France des XIIIe-XVIe siècles, la géographie n'est pas autonome comme discipline scientifique ou comme genre. Les géographes classiques traitent d'autres espaces que la France : les Français ignorent-ils donc la géographie de leur espace proche ? Si on se penche sur les sources littéraires, on se rend compte qu'elle est un centre d'intérêt assez commun.

Le monde des humanistes italiens des XIVe et XVe siècles connaît ce qu'il est devenu commun de qualifier de furor geographicus[1].

Cette contribution reprend, en le modifiant légèrement, le titre d'un article de Joseph Fournier paru en 1906 : « Le roi René géographe »[1]. Il s'agit du seul article de synthèse sur la question de la relation ou de l'intérêt qu'entretenait René d'Anjou avec la géographie.

Le 23 mai 1547, dans l'église Notre-Dame de Paris, le grand aumônier du roi, Pierre Du Chastel, prononce le premier de ses deux sermons funèbres destinés à célébrer la vie et le règne de François Ier, décédé le 31 mars à Rambouillet[1].

« À Genova quest'Isola è cagione
Ch'ogn'uno estima ch'ella sieda, e stanzi
Nel Ligustico mar come Bastione
E che formò Natura il corso lito
Per guardar di Liguria ogni bel sito »

La nouvelle, au XVIe siècle, se présente fréquemment comme un cas réel inscrit dans une situation précise dont le conteur (ou plutôt le conteur-personnage dans des recueils à récit-cadre) peut témoigner, ce qui implique l'usage de précisions spatio-temporelles afin de persuader le lecteur, ou les auditeurs dans le récit-cadre, de la véracité de ce qui est narré